Afrique | Sale temps pour les faux diplômés du continent!

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De nombreux faux diplômés foisonnent sur le continent. Certains assurent étrangement de hautes fonctions dans les administrations publiques

Les faux diplômés, il y en a partout en Afrique. Le Gouvernement du Tchad vient d’actionner un innombrable audit. L’opération a permis d’épingler deux milles fonctionnaires. Ils n’ont pas reçu leurs salaires du mois de mars. Mécontents, ces derniers ont pris d’assaut fin mars les locaux de la Direction de la solde du ministère des Finances avant d’être redirigés vers les Directions des ressources humaines (DRH) de leurs ministères respectifs pour consulter la liste des fonctionnaires incriminés.

En Afrique australe, le président tanzanien John Magufuli a licencié mi mars 2019, près de 10.000 fonctionnaires après qu’un rapport gouvernemental eut révélé que leurs diplômes et qualifications étaient des faux.
«Les 9.932 fonctionnaires recrutés sur la base de faux diplômes ne recevront pas leur salaire du mois d’avril et doivent démissionner immédiatement », a-t-il déclaré.
Certains fonctionnaires sont accusés d’avoir falsifié des certificats d’examen alors que d’autres auraient présenté des certificats de proches comme étant les leurs.

Au Burkina Fasso, un Conseil des ministres a décidé « de l’organisation courant avril 2019, d’une opération de contrôle de l’authenticité des diplômes des fonctionnaires en activité », lit-on dans le rapport Rendu public à l’issue du Conseil des ministres.
Le Conseil a en outre, marqué son accord pour le recrutement au titre de l’année 2019, de 3 232 agents au titre des concours professionnels et de 5 892 au titre des concours directs.

Ailleurs en Afrique du sud, selon le Conseil sud-africain des éducateurs, des dizaines, voire des centaines d’enseignants mentiraient sur leurs qualifications. Une décision a d’ailleurs récemment suspendu 20 enseignants accusés d’avoir produit de faux diplômes lors de leur recrutement. Dans un cas, une institutrice d’une école de la province du Limpopo a enseigné pendant près de 20 ans avant la découverte du subterfuge.

Au Nigeria, un faux diplômé a été arrêté après quinze années d’exercice professionnel au Barreau de la capitale, pour détention de faux diplôme.

À Alger, un tribunal correctionnel a annulé les diplômes de deux membres du gouvernement.

À Nouakchott, en Mauritanie, la chasse aux faux diplômes a démarré et risquerait de mettre en péril la carrière de hauts fonctionnaires.

En Côte d’Ivoire, il se raconte que des milliers de diplômes sont issus de cyber café, tapis dans la capitale. Les détenteurs de faux diplômes se retrouvent à tous les niveau de la vie publique. Tous les pays sont concernés. Du haut fonctionnaire à l’agent de bureau, du haut gradé de l’armée au petit caporal. Malgré l’énormité de ce drame social, les dirigeants africains peinent jusque là à doter l’appareil administratif d’outils à mesure de donner une réponse significative.

Les spécialistes décrivent le scandale comme étant une réelle gangrène. Un manque à gagner important qui coûterait des dizaines de milliers de milliards US à l’ensemble des contribuables d’une des régions des plus pauvres du globe.

Un dossier dirigé par TOURÉ Vakaba