Côte d’Ivoire | Bédié et Affi N’Guessan s’indignent de la médiation conduite par la ministre ghanéenne !

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COMMUNIQUÉ DES CANDIDATS HENRI KONAN BÉDIÉ ET PASCAL AFFI NGUESSAN SUITE À LA DÉCLARATION DE LA MISSION DE LA CEDEAO

Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan expriment leur plus vive stupéfaction à la lecture de la déclaration de la mission de la CEDEAO. Ils rappellent que, face à la menace d’une grave crise électorale, ils ont fait à plusieurs reprises appel à la médiation internationale. Dans ce cadre, ils attendaient avec espoir la délégation ministérielle de la CEDEAO en Côte d’Ivoire, conduite par Mme Shirley Ayorkor Botchway, Ministre ghanéenne des Affaires Étrangères.

Ils constatent avec stupeur que les termes du communiqué de la mission ne rendent compte ni de l’esprit ni du fond de leurs échanges et font totalement abstraction de la réalité politique et juridique à l’origine de l’impasse que traverse la Côte d’Ivoire. Nommer les problèmes constitue pourtant le préalable indispensable à leur résolution.

Les points de blocage sont désormais bien connus et constituent autant de sujets sur lesquels les candidats Henri Konan Bédié et Pascal Affi N’Guessan espérent une action de facilitation. Lors d’une réunion ce dimanche 18 octobre, ces éléments ont été explicitement exposés et argumentés : le retrait de la candidature anticonstitutionnelle et illégale du Président Alassane OUATTARA, la réforme de la Commission Électorale, la réforme du Conseil Constitutionnel, l’Audit international de la liste électorale et l’assainissement de l’environnement politique des élections.

Les candidats s’étonnent que ces enjeux essentiels à la transparence et à la légalité d’un scrutin démocratique et inclusif ne soient jamais explicitement énoncés. A défaut d’accord, ils rappellent qu’aucune élection présidentielle ne pourra se tenir à échéance du 31 octobre. Ils expriment leur surprise devant la partialité d’un texte qui semble à l’inverse condamner les actions de désobéissance civile et pacifique.

Ils rappellent à la délégation de la CEDEAO que ce mot d’ordre résolument non violent auquel le peuple de Côte d’Ivoire adhère massivement est la conséquence de l’obstination d’Alassane Ouattara à briguer un troisième mandat inconstitutionnel. Ils rappellent également que le droit de manifester est un droit inaliénable et autorisé par la Constitution.
Ils demandent avec force à la délégation de CEDEAO de ne pas feindre d’ignorer les problèmes réels relatifs à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020 qui ne peut se tenir à date échue, sous la forme actuelle.

Profondément désireux de l’ouverture de négociations qu’ils réclament depuis plusieurs mois, les deux candidats soulignent leur acceptation de toute rencontre avec la partie adverse dans tout lieu neutre sous l’égide de la CEDEAO.
Ils attendent le début du dialogue sous l’égide du médiateur de la CEDEAO, dont ils espèrent neutralité et bonne foi dans la conduite de sa mission. Ils réaffirment leur entière disponibilité pour donner toutes ses chances à la paix et maintiennent bien évidemment leur appel à la désobéissance civile.