Côte d’Ivoire | De Gbéléban à Kong: « L’adieu » d’Alassane Ouattara à ses parents?

Dans moins de trois semaines, le pays s'entête à organiser sa présidentielle, dans une impréparation dont la monture est décriée par les ivoiriens eux-mêmes, mais aussi par de nombreuses voix comme la Cours Africaine des Droits de l'homme et des Peuples (CADHP)...

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Par TOURÉ Vakaba | « Le Président de la République, Alassane OUATTARA, est arrivé à Korhogo, ce jeudi 08 octobre 2020, pour une Visite dans les Régions du Poro, du Tchologo, de la Bagoué et du Kabadougou » peut on lire sur la page facebook du président.

« Au cours de cette visite qu’il a qualifiée de « familiale », le Chef de l’Etat aura des rencontres avec les chefs traditionnels, les élus et les cadres de ces régions. Il procédera également à des inaugurations d’infrastructures dans les localités de Korhogo, Sinématiali, Ferkessédougou, Kong, Odienné et Gbéléban » écrit l’administrateur de la page réseau social du président.

Bien avant cette expédition aux allures de campagne électorale, dans le grand nord, Alassane Ouattara et son épouse Dominique s’étaient retrouvés à Abobo, avec presque la quasi totalité du gouvernement, où ils ont procédé en l’inauguration tambours battants du « Groupe Scolaire d’Excellence Children of Africa d’Abobo ».

De l’avis de nombreux analystes, Cette tournée pourrait bien être la dernière d’Alassane Ouattara en tant que chef de l’État. Un déplacement « familial » pour dire merci et sans doute au-revoir à toutes ces personnes qui l’ont politiquement accompagné durant ses neuf années passées en la tête de l’État.

Le pays côtoie lune des pires crises de son histoire. Ce samedi, l’opposition, réunie au grand complet, chose très rare, a systématiquement battu le rappel de ses troupes, pour un meeting géant dans la grosse cuvette du stade Félix Houphouët-Boigny, d’Abidjan, là où le président de la république sortant a été bruyamment investi par ses proches, au motif d’une candidature contestée, qui continue d’agiter la Côte d’Ivoire .

Ils sont nombreux dans les rues d’Abidjan et de Bouaké, nostalgiques des tristes événements de 2010/2011, qui redoutent des lendemains électoraux potentiellement dangereux,

Le Président de la république sortant, qui s’entête dans sa logique de candidature, ne veut faire aucune concession. En face, une opposition hétéroclite, mais relativement solidaire qui bande ses muscles, et menace d’empêcher vaille que vaille la tenue d’une élection qu’elle affirme « biaisée » d’avance.

Après 72 h passées à Abidjan, une délégation conjointe de haut niveau qui a réunie les Nations-Unies, l’Union Africaine et la CEDEAO, semble rentrée bredouille, n’ayant pas réussi à faire plier les deux camps. De plus en plus, la peur et la panique s’emparent des ivoiriens dont la majorité dénonce par ailleurs l’absence criarde de carte d’identité depuis plusieurs années ( les anciennes ayant expirées). L’administration du pays reste toujours incapable d’assurer impression de ce très précieux document de l’État civil, essentiel dans la vie quotidienne du citoyen.