Côte d’Ivoire | La peur s’empare des ivoiriens, replonge le pays dans le doute!

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Une bien vielle époque qui en dit très long!

Abidjan | Par TOURÉ Vakaba

Depuis l’après-midi du lundi dernier, le pays cher à Houphouet Boigny semble avoir replongé à nouveau dans la peur et le suspens. Qu’arrive-t-il à la Côte d’Ivoire qui revient pourtant d’une guerre qui l’aura profondément abîmé pour remettre en cause sa légendaire unité, forgée de haute lutte par son premier président de la république cité plus haut?

« Le lundi 23 Décembre 2019, alors que l’on s’attendait à des scènes de liesse populaire à la dimension de l’ancien Président de l’Assemblée nationale, le régime en place a déployé un dispositif sécuritaire digne d’une scène de guerre. Selon des informations qui ont circulé via les réseaux sociaux, ce dispositif inédit mis en place avait pour missions notamment d’empêcher tout regroupement de foule sur tout l’itinéraire de l’aéroport Félix Houphouët Boigny et d’empêcher également tout attroupement de personnes sur le tronçon aéroport-domicile de Monsieur Guillaume Kigbafori SORO. Dans le cadre de l’exécution de cette mission, l’opinion nationale a été témoin, notamment via les réseaux sociaux, de scènes d’une barbarie excessive devant et à l’intérieur du siège de GPS sis à la Riviera Golf: femmes gazées, jeunes bastonnés et téléphones arrachés, portes fracassées et matériels informatiques emportés. », a affirmé ce jeudi 26 décembre 2019 le bureau du groupe parlementaire le « rassemblement », au moyen d’un communiqué paru sur la page facebook de Guillaume Soro Kigbafory, qui fut par ailleurs, dans un passé récent, président du parlement local.

C’en est plus tard suivi de deux conférences de presse du chef de parquet du Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau, appuyé d’un passage éclair sur le plateau à forte audience du journal télévisée de 20 heures pour donner une explication publique détaillée des faits reprochés au député de Ferkessedougou (extrême nord).

Un enregistrement audio à polémique

« Détournement de deniers publics, atteinte en la sûreté de l’État… » constitueraient en substance, l’essentiel des faits graves mis en la charge de l’ancien patron du mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI, ex-rebellion). Le Parquet ivoirien exhibe étrangement un enregistrement audio qui ne cesse d’alimenter la polémique, tant par sa qualité sonore que par son authenticité que de nombreux observateurs trouvent « discutable ».

Quand à l’intéressé lui-même, par la voix de son porte-parole, Affoussiata Bamba Lamine,  » il n’en est rien de tout ça ».

 « Le Président de GPS tient à informer l’opinion nationale et internationale de la vacuité de ces charges. Il n’échappe à personne que ceci est du dilatoire. En réalité toute cette entreprise vise piteusement à écarter Monsieur Guillaume Kigbafori Soro de la course à la Presidence de la Republique pour l’élection de 2020… »,
 raconte l’ancienne ministre, ex-porte-parole adjointe du gouvernement ivoirien, par ailleurs avocate de profession, inscrite au Bareau de Paris.

Interrogés sur le caractère crédible des charges énoncés par le ministère la justice, de nombreux ivoiriens se tordent de rire, car pour eux, elles relèveraient d’ordre <<purement politique>>.

Coincée entre les républiques du Mali et du Burkina Faso, deux voisines régulièrement pilonnées par des frappes terroristes, la Côte d’Ivoire, jusque là nostalgique de sa nature de terre d’hospitalité, continue de recevoir sur son sol, de nombreuses familles vivant dans les régions frontalières, fuyant cette fois la morts et la pauvreté. Aussi, depuis début 2015, le pays comptabilise un bon spectaculaire en terme de développement et de stabilité. Un solide acquis qui se voit aujourd’hui, manifestement menacé par un début d’instabilité chronique, qui rappelle les crises sociopolitiques antérieures, avec leurs corollaires de morts et de déplacés. Les ivoiriens s’inquiètent à nouveau sur l’avenir réel de leur pays, qui tend désespérément vers un autre chaos. Sur ce coup là, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer une certaine « caporalisation » de la « chambre nationale des rois et chefs traditionnels » ainsi que la nonchalance des guides religieux, très souvent muets devant de telles situations. Vivement, la paix dans ce pays!

(Reproduction interdite)