Côte d’Ivoire | N’Douci: Le brusque décès dun « homme bon » attriste et scandalise les habitants!

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Touré Vakaba (envoyé spécial) | Il passe un ccoup de file rapide à son fils Donatien, étudiant en deuxième année à l’Université Abobo Adjamé le mardi. Le même jour, le jeune homme se transporte à N’Douci, là où son père tient la plus vieille boulangerie des lieux. Nakoulma Philippe qui côtoie ses soixante ans exlique à son fils souffrir de difficultés respiratoires.

Le lendemain mercredi, le jeune garçon accompagne son géniteur à l’hôpital saint Jean-Baptiste de Bodo. Après une brève radiographie, le médecin affirme avoir décelé une infection pulmonaire. Celui-ci lui dispense alors une ordonnance. Le boulanger, une fois à domicile, à son retour à N’Douci, s’octroie les médicaments que lui a prescrit le médecin. Du jeudi matin à l’après-midi du vendredi, l’état de santé de Nakoulma Philippe ne présente visiblement aucun danger. Président de la chorale de l’unique paroisse du terroir, l’homme d’origine burkinabé se prépare à rejoindre ses coreligionnaires pour la messe dédiée aux festivités des rameaux. Il échange brillamment avec des amis et voisins.

Il plaisante à haute voix avec certains. À ses amis, il martèle « devancez-moi, je vous y rejoint tout à l’heure ». Vers 19h, Philippe décide de prendre une douche avant de se déporter à la paroisse. Une fois en ce lieu intime, l’homme trébuche et s’étend à même le sol, inerte. Son épouse, aidée d’autres personnes arrivent difficilement à le transporter jusque dans la première pièce de l’appartement. Étandu entre tabourets et canapés, et alors que les siens se préparent à solliciter un engin roulant pour l’emmener à l’hôpital, la victime aurait répondu qu’il n’en était « pas la peine ». Un officier de police, appuyé d’un médecin assermenté, constateront instantanément le décès du boulanger.

L’ULTIME SÉPARATION

Les obsèques débutent mercredi, avec à la clef, une veillée funèbre en la mémoire de l’important défunt, qui a duré toute la nuit jusqu’au petit matin du jeudi, jour de l’inhumation. Des adultes, femmes et hommes sont en pleure. Tous racontent entre sanglots, les habitudes humaines du défunt, qui a « passé toute sa vie à partager et à réconcilier les communautés abbeys et burkinabé au moindre couac ». « Philippe était le symbole de la paix et de la stabilité ici à N’Douci », répètent en chœur, connaissances et paroissiens, en l’occasion de l’oraison funèbre dite en la mémoire de l’illustre disparu.

« (…) En plus de cela, il était sollicité par tout le monde, riches comme pauvres pour résoudre très souvent des situations urgentes (…). N’Douci perd ainsi son âme », rappelle AN, son compagnon de tout le temps.

Accompagné à sa dernière demeure par une foule triste, scandalisée, encore sous le choc, « Philippe » l’ami de tout le monde, repose à jamais sur la pelouse boisée et broussailleuse du petit cimetière des indigents de la localité.