Côte d’Ivoire | Sale temps pour Ouattara

Pour de nombreux légalistes, y compris, certains de ses proches, l'impossibilité de la candidature du chef de l'État sortant se trouve être fortement menacée par l'article 183/de la constitution en vigueur.

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Par TOURÉ Vakaba

Les idéologues s’adonneront à des dissertations à perte de vue, mais les légalistes [inclus les proches ou sympathisants du Rhdp] concluront tout le temps que la constitution que le président sortant croyait être de sa faveur, s’illustre étrangement comme un obstacle à son « rêve » d’une possibilité de candidature aux prochaines élections présidentielles qui s’annoncent pour fin octobre.

L’article 183 de cette même loi [non encore abrogée], continue d’affirmer à haute voix que « la législation actuelle, au moment de l’entrée en vigueur de la nouvelle constitution, reste applicable.

En d’autres termes, l’article 35 de la constitution de 2000 présageait déjà que le mandat du président de la république était de cinq ans renouvelables une seule fois ».
Une rhétorique qu’admettra pourtant, de nombreux procéduriers professionnels dont notamment cet important collaborateur du chef de l’État sortant lui-même, Ibrahim Bacongo Cissé, alors « Conseiller spécial du président de la République en charge des Affaires juridiques, institutionnelles et politiques », courant 2016, sur Africa24…
Une contribution reprise plus tard par de nombreuses publications aussi bien en Côte d’Ivoire, qu’à l’étranger.

À sa suite, le « rédacteur en chef » de ladite constitution, Pr. Obou Ouraga viendra lui, à son tour, enfoncer le clou, lorsqu’il avoue (parlant du président Ouattara) : « Depuis environ quatre mois, j’échange presque au quotidien avec le président de la république. Je puisse vous assurer qu’il respectera la constitution et ne briguera pas un nouveau mandat en 2020 (…) » et de poursuivre, «il y a la continuité législative dont il est question dans l’article 183…il n’y a donc pas de suspension, et cela s’impose à tous. »
« Au regard de l’article 183, ce n’est pas parce qu’il y aura la nouvelle constitution que tout ce qui existait avant sera caduc » avait réagit cet éminent équilibriste du droit, au moyen d’un point presse avec les journalistes locaux. (Frat Mat n°15550 du10 oct 2016, p.4).

Décédé en début d’après-midi du 08 juillet dernier par suite d’un syncope, le soudain vide occasionné par le chef du gouvernement ivoirien, Gon Coulibaly Amadou a curieusement remis au centre des polémiques, l’éventualité pour Alassane Ouattara de se lancer dans la course pour un troisième « trophée ».
En plus, l’étonnante démission de ses fonctions de vice-président, de son plus vieil ami et fidèle collaborateur, Duncan Kablan Daniel, en pleins obsèques de l’ancien premier ministre…viendra en rajouter à un faux débat laborieusement alimenté par de nombreux proches et adversaires de l’interessé, jusque là malmené par la disparition de son premier ministre, jadis candidat déclaré du rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) à l’élection présidentielle prochaine.

En claire, le droit ferme désormais toutes ses issues au chef de l’État sortant qui pourrait faire tranquillement valoir ses droits à la retraite…laissant ainsi un boulevard à des élections relativement ouvertes, au moyen desquelles seuls le justiciable ivoirien, qui a droit de vote, aura son mot à dire.

Seulement, le président de la république sortant a encore la possibilité de trouver l’homme providentiel qui pourrait faire son affaire…mais le temps qui lui est imparti parait sans doute irréaliste. Bakayoko et bien d’autres ne disposent ni le poids, ni la puissance et l’expérience qu’il faut, pour jouer une carte aussi sérieuse que celle de la présidence de la république.
Quoi qu’il arrive, les ivoiriens (ayant droit de vote), attendent regarder et trancher par conséquent, entre ceux qui sont porteurs d’un projet de gouvernement qui correspondrait à leurs aspirations…et des amuseurs publics sans vergogne, n’ayant aucune notion d’une république.

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