Israël | Plusieurs prisonniers palestiniens s’évadent de prison, en creusant un tunel

0
7

Six Palestiniens, dont un ex-leader d’un groupe armé, se sont évadés lundi d’une prison de haute sécurité en Israël en creusant un tunnel. Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a qualifié « de très grave incident » cette évasion et indiqué suivre en temps réel la traque des fugitifs.

C’est une évasion digne du scénario d’un film hollywoodien. Six prisonniers Palestiniens, dont un ex-leader d’un groupe armé, se sont échappés, lundi 6 septembre, d’un établissement pénitentiaire en Israël via un tunnel creusé sous un évier, déclenchant une vaste chasse à l’homme.

Avant l’aube, les services carcéraux israéliens ont indiqué qu’une première alarme avait été déclenchée vers 3 h (minuit GMT), lorsque des résidents ont affirmé avoir vu des « personnes suspectes » aux alentours de la prison de Gilboa (nord), où sont incarcérés des centaines de Palestiniens.

Des images des services carcéraux montrent un tunnel creusé sous une large céramique de salle de bains, au pied d’un évier, par lequel les détenus se sont évadés de cette prison de haute -creusant-un-tunnel.

Les services pénitenciers ont indiqué être en train de relocaliser les quelque 400 prisonniers de Gilboa détenus pour des « crimes liés à la sécurité » afin d’éviter qu’ils s’évadent par d’autres tunnels qui auraient pu être creusés sous terre.

Cette rare évasion n’est pas s’en rappeler le film réalisé par Frank Darabont, « Shawshank Redemption » (« Les Évadés », 1994), dans lequel deux hommes, interprétés par Tim Robbins et Morgan Freeman, s’évadent de prison via un tunnel qu’ils ont mis des années à creuser.

Elle intervient au moment où Israël s’apprête à fêter Rosh Hashana, le nouvel an juif. La police israélienne a lancé une vaste chasse à l’homme.

L’armée a, elle, mis à la disposition de la police des moyens d’observation aériens et dit avoir préparé ses troupes à intervenir au besoin en Cisjordanie.

Selon des médias israéliens, les fugitifs pourraient déjà avoir regagné ce territoire palestinien, occupé par Israël depuis 1967, où dans certains secteurs, la sécurité est contrôlée par des unités palestiniennes.

Le Premier ministre israélien, Naftali Bennett, a qualifié « de très grave incident » cette évasion et indiqué suivre en temps réel la traque des fugitifs.

Les autorités israéliennes n’ont pas dévoilé l’identité des évadés, mais le Club des prisonniers palestiniens, une organisation basée en Cisjordanie, les a identifiés. 

Parmi eux, figurent Zakaria al-Zoubeidi, qui était jusqu’en 2007 à la tête des Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, la branche armée du Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, ainsi que Mahmoud Abdullah Ardah, condamné à perpétuité en 1996. 

En 2007, Zakaria al-Zoubeidi s’était engagé à déposer les armes, en échange d’un accord avec Israël visant à le retirer de sa liste des Palestiniens recherchés.

Mais les autorités israéliennes ont ensuite renoncé à cet accord, le service de sécurité intérieure israélien Shin Beth affirmant qu’il avait été impliqué dans « différentes attaques ». Et l’homme avait été arrêté et écroué en 2019.

« Acte héroïque »

Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza palestinienne, et le Jihad islamique, un des principaux mouvements armés palestiniens, ont salué cette évasion.

« C’est un acte héroïque et courageux, une victoire pour la volonté et la détermination de nos prisonniers héroïques, un réel revers pour le système de sécurité sioniste, que l’occupation présente comme le meilleur au monde », a déclaré Fawzi Barhoum, porte-parole du Hamas, cité dans un communiqué.

>> À revoir notre Focus : Les mineurs palestiniens face à la justice militaire israélienne

Emportez l’actualité internationale partout avec vous ! Téléchargez l’application France 24

Située dans le nord d’Israël, la prison à haute sécurité de Gilboa est entrée en opération en 2004, en pleine vague d’attaques liées à la seconde Intifada, soulèvement palestinien de 2000-2005. 

L’évasion de lundi intervient après des heurts meurtriers ces derniers mois dans différents lieux de la Cisjordanie occupée, notamment dans le village de Beita et dans le camp de Jénine (nord), haut lieu de la contestation palestinienne et théâtre d’affrontements mortels en juillet entre l’armée et des factions locales.

En outre, de rares manifestations ont eu lieu ces dernières semaines pour remettre en cause le leadership du président Mahmoud Abbas et des affrontements se poursuivent le long de la barrière séparant Israël de la bande de Gaza, d’où opère aussi le Jihad islamique.

Avec AFP